(1902)
Illustration de couverture : Albert ROBIDA
Le Passé du futur n°4 (GRAMA)
EAN : 9782930091037
248 pages
Tags : Auteurs français (SF) Imaginaire Années 1900 Temps à rebours SF - Chroniques SV
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Sur son terrain, Jules Verne est battu et rebattu. Robida « Jules Verne du crayon » ? Il est bien plus que cela : des deux, le véritable anticipateur c'est lui.
Robida annonça Wells et Philip K. Dick, Dick avec cette Horloge des Siècles précédant d'un demi-siècle A rebrousse-temps, et Wells avec Jadis chez aujourd'hui, publié trois ans avant La Machine à explorer le temps.
Et dans ses visions de l'avenir, Robida ne voit guère d'espoir. La guerre n'est pas nécessaire pour rendre le monde invivable, l'homme suffit bien. Et de montrer les continents surchargés d'affamés ; avant les écologistes Robida a montré l'eau que l'on boit, l'air qu'on respire, le règne de la chimie empoisonnant les aliments, et le citoyen du XXe siècle accablé par le stress et mis en couveuse.
En 1902, nouvelle prouesse avec L'Horloge des siècles dont le thème n'est pas banal...dans un avenir non précisé, mais proche, à la suite d'un cataclysme cosmique au moment même où le mouvement revendicatif social allait triompher, non seulement la terre se met à tourner en sens inverse, mais le temps lui-même se déroule à l'envers... Citation de Pierre Versins.
Albert Robida (1948-1926) est surtout connu pour ces dessins d'anticipation mais il a également écrit beaucoup d'ouvrages dont il illustre lui-même les pages. L'Horloge des siècles est un roman assez inhabituel dans sa conception même du temps qui s'écoule à l'inverse. On sent bien que Robida ne tient absolument pas à nous convaincre scientifiquement et il évite bien des questions de "logique" qui ne manquent pourtant pas d'interpeller le lecteur. Il faut faire preuve d'une grande gymnastique intellectuelle pour surmonter ces questionnements. Par exemple, si le temps par en arrière et que les adultes retombent dans l'enfance, que deviennent les bébés qui viennent de naître. De même que la réapparition des morts parmi les vivants donnent à croire qu'ils sortent tous de leur tombe mais Robida se garde bien d'évoquer ce genre d'image préférant les faire réapparaître presque par enchantement dans des lieux éloignés de l'intrigue. Ceci contournant le problème de la description de la "renaissance". En dehors de ces éléments, le roman se lit bien, offrant des réflexions sur le passé, l'avenir, l'Histoire. Mais en grand caricaturiste qu'il est, Robida ne se prive pas de nous décrire aussi quelques cocasseries fortes amusantes. Ce n'est pas de la grande littérature, néanmoins il est fort regrettable que la majorité des œuvres de Robida soit tombée dans le parfait anonymat. Il est évidant que sa place est aux côtés de certains Verne ou Wells et que cette injustice n'est pas très logique lorsque que l'on sait tout ce que cet artiste a apporté au journalisme, à l'art, à l'anticipation etc. (Herveline)
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